Partager l'article ! Chapitre 3 : Premiers pas à Terdore: Jonathan n’arrêtait pas de se retourner dans son lit. Il n’arrivait pas à se rendormir. Il se mit sur ...
Livre 1: Une Ame de Héros
Jonathan n’arrêtait pas de se retourner dans son lit. Il n’arrivait pas à se rendormir. Il se mit sur le dos, les bras croisés derrière la tête, et fixa le plafond. Il se remémorait son rêve. Comme chacun, il avait déjà fait des rêves ou des cauchemars, mais celui-ci était vraiment intense.
Après dix minutes à fixer un point imaginaire sur le plafond, il se leva, enfila le jean qui trainait par terre, et attrapa son tee-shirt favori dans l’armoire, noir avec écrit en grosses lettres rouges « World of Warcraft, parce que je le WOW bien ! ».
Il tira le rideau pour laisser entrer la clarté du jour, mais aussi pour regarder le temps qu’il faisait. Une nouvelle belle journée en perspective !
Il allait vaquer à ses occupations quand un détail dans la rue le chiffonna. Il lui semblait revoir cet homme qu’il avait croisé la veille en allant à la boutique de jeu, toujours vêtu de son accoutrement marron. Il était en bas au coin de la rue. Il regarda à nouveau par la fenêtre mais plus rien ! Il était parti ou n’avait jamais été là… Jonathan n’était plus sûr de lui, il pouvait très bien s’être trompé.
Il décida de ne pas gâcher sa dernière journée de repos avec cette bizarrerie et se dirigea vers la cuisine. Il attrapa de quoi petit-déjeuner et se dirigea vers la télévision. Looping l’avait suivi à la trace et l’avait regardé s’agiter. Une fois que Jonathan fut assis dans le fauteuil, Looping grimpa d’un bond sur le dossier pour s’installer bien confortablement, et finir sa nuit.
Jonathan se retourna en sentant le poids de Looping derrière lui, et dit à son chat :
- Alors on se le fait ce petit Star Wa…
Il s’interrompit, gêné par quelque chose, se leva et récupéra un sac plastique qui traînait sur le fauteuil et sur lequel il était assis.
Il ouvrit le sac et en sortit le bracelet que le vendeur lui avait donné la veille.
- Le bracelet ! C’est vrai que je l’avais jeté là hier en rentrant.
Il le regarda de plus près et y remarqua une étrange inscription.
- On dirait de l’elfique…Il est écrit : Quand celui qui a une âme de héros arrivera, Terdore renaîtra de ses cendres. Curieuse inscription !
Il haussa les sourcils et ajouta résigné :
- Sérieusement, il va falloir que je sorte un peu et que je me fasse des amis réels, parce qu’en arriver au point ou j’ai appris sur internet à lire de l’elfique, c’est grave quand même !
Il se dirigea vers l’étagère où il entreposait ses objets de collection. Avant de le ranger, il décida, tout de même, de l’essayer.
- Surprenant, il est tout juste à ma taille !
Subitement, Looping miaula, comme pour attirer l’attention de son maître. Jonathan le regarda, puis plus rien, il tomba inconscient.
Jonathan ouvrit les yeux. Il était à terre et son crâne le faisait souffrir. Il avait dû se cogner en tombant. Il essaya de se remémorer ce qui s’était passé : le bracelet, Looping, puis le noir total. Il avait certainement fait un malaise.
- C’est bizarre, cela ne m’était jamais arrivé auparavant. De plus, je me sens parfaitement bien ! Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai une alimentation parfaitement saine et équilibrée, mais bon, quand même !
Il se leva pour attraper le téléphone et appeler SOS Médecin, au cas où. Il saisit le combiné, mais il n’y avait pas de tonalité. Soudain quelque chose dehors happa, à nouveau, son attention. Il regarda par la fenêtre, les yeux écarquillés. Il n’y avait plus de rue ! Elle avait laissé place à une forêt très dense.
- Comment est-ce possible ?
Perplexe, il ouvrit la porte de son appartement et là, stupeur, au lieu du palier habituel, encore de la forêt.
- Ah mais çà y est j’y suis ! Je dois encore rêver.
Il se pinça pour vérifier sa théorie.
- Aie !
Il prit alors pleinement conscience de sa douleur au crâne, de l’odeur de la forêt, de la caresse du vent sur sa peau. Non, il le sentait cette fois, tout cela était bien réel…et terrifiant ! Il referma la porte, la rouvrit, la forêt était toujours là.
- Looping ne bouge pas, je vais faire quelques pas dehors pour essayer de comprendre ce qu’il nous arrive.
Looping miaula. On aurait dit qu’il recommandait à son maître d’être prudent.
Jonathan attrapa une veste et sortit de chez lui. Il dut écarter quelques branchages pour se frayer une chemin tant la forêt était dense. En se retournant, il constata que la porte de son appartement était toujours là, Looping le regardait, inquiet. Il rejoignit un chemin tracé au milieu des bois.
La forêt était sombre, le soleil avait du mal à percer l’épais feuillage.
Soudain, des bruits se firent entendre dans les buissons comme si quelque chose rodait autour de lui. Jonathan, inquiet, pressa le pas, sans parvenir à distancer ces bruits menaçants.
- Looping, c’est toi ? tenta Jonathan plein d’espoir, souhaitant entendre le miaulement familier.
Aucune réponse.
- Après tout, mieux vaut qu’il soit resté en sécurité dans l’appartement…
Il s’arrêta et regarda autour de lui.
Jonathan était vraiment angoissé. Il entendit un ultime bruit derrière lui. Il se retourna juste à temps pour voir surgir du buisson…un lapin de garenne.
- Oh la vache, tu m’as fais la peur de ma vie ! dit Jonathan au lapin en inspirant une grande bouffée d’air.
- Ben il ne faut pas te mettre dans des états pareils pour moi, lui répondit le lapin.
Jonathan en resta bouche bée.
- Tu…tu tu tu parles ?!?
- Bien sûr ! Quoi de surprenant à cela ?
- Ce qu’il y a de surprenant ? Ce qu’il y a de surprenant ! C’est que LES LAPINS NE PARLENT PAS ! hurla Jonathan, au bord de la crise de nerfs ! La situation lui échappait totalement.
- Ce n’est pas la peine de t’énerver ! Les lapins parlent et cela a toujours été ainsi ici.
- Ben justement on est ou ici puisqu’on en parle ?
- On est à Terdore bien sûr ! Tu débarques d’où toi pour ne pas savoir ou tu es ?
- Terdore ? Mais qu’est ce que tu me racontes ? Il n’y a pas cinq minutes j’étais dans mon appartement de Cergy.
- Et moi je te dis qu’on est à Terdore et plus précisément dans les Bois de l’Ouest. Je te l’accorde le nom n’est pas très original, mais que veux-tu ce sont des bois et ils sont à l’ouest.
- Donc si je récapitule bien, tu me dis que je suis à Terdore le pays magique des lapins qui parlent. Tu te moques de moi ?
- Ecoute, moi je te dis ce dont je suis certain, tu es à Terdore, je parle, et je ne suis pas le seul !
Jonathan se massa les tempes.
- Je sens la migraine qui monte. Bon dis moi…Lapin, as-tu une explication au fait que je sois ici ? Je n’ai rien demandé à personne, je veux retourner à Cergy…sans forêt !
- Cergy ? Cela ne me dit rien du tout. J’aurais vraiment aimé t’aider. J’en suis désolé.
« Voilà qu’un lapin me présente ses excuses… » pensa Jonathan.
- Ah mais attends ! Je viens de me souvenir que j’ai croisé un groupe de gens comme toi un peu plus loin. Peut-être qu’ils pourront t’aider eux. Si tu veux je te conduis à eux.
- Ça serait super ! Merci beaucoup !
- Alors suis-moi ! Au fait je m’appelle Panpan.
- Panpan…tu rigoles ? Comme dans Bambi ?
- Excuse moi mais je ne connais pas ce Bambi dont tu me parles.
- Ce n’est pas grave laisse tomber, on n’est plus à çà près ! Moi c’est Jonathan.
L’étrange duo se mit en route, l’un en marchant, l’autre en sautillant.
De temps à autre Panpan s’arrêtait pour brouter un peu d’herbes et quelques trèfles. Cela avait le don d’agacer Jonathan qui voulait juste retrouver sa ville. Cependant, il ne disait rien, Panpan lui rendait service après tout, et il ne fallait pas le vexer.
- Tu es habillé bizarrement ! lui lança le lapin en continuant son chemin.
Jonathan ne prit même pas la peine de répondre.
« A quoi bon polémiquer avec un lapin… » pensa-t-il.
Au bout d’une dizaine de minutes de marche, ils arrivèrent à un croisement.
- Voilà c’est ici que je les ai vu tout à l’heure.
- Pourtant il n’y a personne !
- Merci j’avais remarqué !
A cet instant, un groupe de soldats, muni de lances, surgit des buissons et les encercla.
- C’est eux que j’ai croisés tout à l’heure, essaya de murmurer discrètement le lapin à Jonathan.
Ils étaient cernés par trois soldats mais c’est, surtout, le quatrième qui retint l’attention de Jonathan. Il déduisit de son allure générale qu’il s’agissait du chef. Il portait une armure en acier et un heaume qui masquait son visage. Pourtant quelque chose interpellait Jonathan…ce soldat lui évoquait une silhouette féminine.
C’est ce même soldat qui prit la parole, confirmant ainsi qu’il s’agissait d’une femme.
- Ne bougez plus ! Au moindre mouvement, vous serez transpercé de nos lances ! Que faites-vous dans notre forêt ?
Le lapin intervint en se dressant sur ses pattes arrière.
- Excusez-moi Madame, je me permets, mais qui êtes-vous pour revendiquer ces bois ? Il me semble qu’en tant qu’animal sauvage, je suis chez moi ici !
Jonathan regarda le lapin avec colère.
- Je ne sais pas si tu es sauvage mais en tout cas tu as le don pour mettre les pieds dans le plat ! Je te rappelle que ce sont eux qui tiennent les armes !
La chef du groupe armé reprit la parole.
- Ça suffit ! Veuillez répondre à ma question immédiatement !
Les colosses approchèrent dangereusement leur lance des deux prisonniers.
- Je vais tout vous expliquer. Je m’appelle Jonathan. J’étais tranquillement dans mon appartement de Cergy quand soudain j’ai été comme téléporté ici. J’ai rencontré ce lapin qui m’a proposé son assistance pour me renvoyer dans mon monde. Nous étions à votre recherche pour solliciter votre aide. Voilà toute l’histoire. Pitié ne nous tuez pas !
- Ton histoire est la plus saugrenue qu’il m’ait été donné d’entendre ! Tu aurais pu trouver mieux pour un espion de Morrakh ! ABATTEZ-LE !
Elle dégaina son épée et allait pourfendre Jonathan. Par réflexe celui-ci mit les bras devant son visage, pour se défendre, quand soudain elle s’interrompit.
- L’Anima…
Elle s’agenouilla immédiatement ainsi que les trois autres soldats.
Jonathan ne comprenait pas ce qu’il se passait mais il n’allait pas s’en plaindre.
La femme tout en restant agenouillée et en fixant le sol du regard s’adressa à Jonathan.
- Veuillez nous excuser mon Roi. Cette forêt abrite un camp rebelle et nous essayons simplement de le protéger. Nous comprendrions tout à fait si vous décidiez de nous punir de notre erreur.
Jonathan allait de surprise en surprise. Un camp rebelle ? Mon roi ? Des lapins qui parlent ? Autant de questions auxquelles il ne pouvait apporter de réponses.
- Non, je ne vais pas vous punir…Je ne comprends rien du tout à ce que vous me racontez ! Et puis d’abord relevez vous s’il vous plaît, vous me mettez mal à l’aise !
- Veuillez nous en excuser Sire, dirent-ils en cœur en se relevant.
- L’Anima vous a choisi… Mais vous ne venez pas de Terdore ? Alors…vous ne savez pas ce que tout cela implique ?
- C’est ce que je me tue à vous expliquer !
- Voilà qui est étrange…mais nous manquons à tous nos devoirs. Laissez-nous nous présenter Sire, dit-elle en se mettant le poing sur la poitrine.
- Je m’appelle Ilona, intervint une seconde jeune femme en se mettant également le poing sur la poitrine.
Jonathan en déduit qu’il devait s’agir d’un salut protocolaire pour son soi-disant titre de roi.
Jonathan observa Ilona. Elle portait un bustier fait de grandes feuilles d’arbres, et un pagne lui aussi végétal. Elle avait de longues oreilles pointues, des yeux verts scintillants et de longs cheveux noirs comme la terre de cette forêt. Elle avait tout l’air d’une elfe d’après les connaissances de Jonathan en la matière. Il se demanda comment il avait pu ne pas le remarquer avant, mais tout s’était passé si vite.
- Je suis une elfe du clan des Dü’Warfen. Je maîtrise la magie élémentaire et je suis à votre service mon Roi.
Un autre soldat s’avança à son tour et salua Jonathan. Ce dernier ne put s’empêcher d’avoir un mouvement de recul. Cet étrange personnage ressemblait en tout point aux trolls dont Jonathan était familier : une montagne de muscles à la peau grise très foncée, avec de longs poils sur les avant-bras et les épaules, et de courtes oreilles pointues.
- Je me nomme Altorgh. Il y a trois cycles j’ai été banni de ma tribu car je ne partage pas les valeurs de violence et de massacre des miens. J’ai décidé de rejoindre l’alliance rebelle pour ramener la paix sur Terdore. Je suis à votre service mon Seigneur.
Jonathan hésita et dit timidement :
- Enchanté Altorgh.
Un autre colosse s’avança alors. Il semblait familier à Jonathan. Pour cause, il s’agissait du mystérieux homme qui semblait l’épier depuis ces deux derniers jours. Il ôta le tissu qui lui couvrait le visage. Quelle ne fut pas la stupeur de Jonathan quand il constata que l’homme aux cheveux noirs avait également une cicatrice qui descendait de sa joue à son cou.
- Vous ! s’exclama Jonathan.
- Je suis le général Bralkar. Baptiste Bralkar, Sire. Je suis à vos ordres, dit le soldat en se tapant le poing sur le cœur.
- Mais…comment ? Comment est-ce possible ? Expliquez moi ce qu’il se passe !
- Plus tard si vous voulez bien mon Roi. Les bois ne sont pas sûrs, l’interrompit leur chef en retirant son heaume, dégageant ainsi ses longs cheveux châtains. Elle posa ses yeux sur Jonathan.
- Toi ?
- Je m’excuse mon Roi mais je ne crois pas que nous ayons déjà été présentés.
- Tu es la femme de mon rêve !
- Je vous demande pardon ?
- Euh…non rien ! dit-il en rougissant.
- Je me prénomme Evanyakorshinpolquinorya et je suis à votre service.
- C’est…un très joli nom…un peu long peut-être ?
- On m’appelle Evanya le plus souvent.
- Evanya ? C’est parfait pour moi !
- Comme il vous plaira Sire, dit-elle en s’empourprant.
- Hum hum ! les interrompit le lapin.
- Excusez moi, je vous présente mon compagnon d’infortune, Panpan. Voilà tu es content ?
- Parfaitement. Merci !
- Retournons à notre camp si vous le voulez bien. Les bois sont trop dangereux. Des patrouilles de Morrakh sont à notre recherche.
Ils prirent donc le chemin du camp, guidés par Evanya. Jonathan avait du mal à croire que tout cela était bien réel. Avec un peu de patience, il apprendrait tout ce qu’il voulait savoir, et notamment comment rentrer chez lui. Grâce à World of Warcraft, il était familier de cet univers. C’est sûrement cela qui l’empêchait de craquer.