Partager l'article ! Chapitre 5 : De noirs desseins: Les Terres Désolées devaient leur nom aux nombreux volcans qui, par leurs fréquentes éruptions, recouvraie ...
Livre 1: Une Ame de Héros
Les Terres Désolées devaient leur nom aux nombreux volcans qui, par leurs fréquentes éruptions, recouvraient en permanence le ciel de nuages gris, et empêchaient toute végétation de pousser. Seuls les orcs et les trolls avaient été capables de s’adapter à ces conditions de vies extrêmes, une chaleur insoutenable, une odeur de souffre qui vous brûlait les poumons, et un paysage de désolation à perte de vue.
Les armées de Morrakh s’y étaient regroupées depuis peu et attendaient de leur maître l’ordre de frapper à nouveau.
Dans une immense forteresse de pierres noires, aux nombreuses hautes tours sur lesquelles se perchaient d’immondes créatures scrutant l’horizon à la recherche de proies, siégeait Morrakh. Assis sur son trône, dans son armure noire qu’il ne quittait jamais, il inspirait de la crainte à ses ennemis mais aussi à ses propres troupes. Ses épais cheveux noirs le rendait encore plus effroyable, l’incarnation des ténèbres. De plus, il maîtrisait parfaitement la magie noire et excellait dans le combat au corps à corps, ce qui faisait de lui l’adversaire dont personne n’aurait voulu.
Le commandant suprême des armées orc et le chef troll entrèrent dans la pièce suivis de leurs lieutenants respectifs, et s’agenouillèrent.
- Quelles sont les nouvelles ? leur demanda Morrakh avec dédain.
Le général orc prit la parole. Il se distinguait aisément de son subalterne par les épaulettes et les bottes de cuir cloutées qu’il portait, ainsi que par ses bracelets et sa ceinture en cuir. De la même manière, le chef troll portait, quant à lui, un anneau d’or à son oreille et un pagne en crânes humains, qui affirmait son rang aux yeux des siens. Les orcs étaient des créatures hautement plus intelligentes que les trolls, leur société était fondée sur une hiérarchie et des rites. A l’inverse, chez les trolls, celui qui cognait le plus fort s’autoproclamait chef. Un point leur était cependant commun : ils ne vivaient que pour le massacre.
- Maître, mes troupes sont prêtes et n’attendent plus que vos ordres.
- Parfait, Traggh. Et toi ?
- Mon armée est impatiente d’en finir avec les rebelles. Pourquoi nous terrons nous ici ? Nous étions si près du but !
- Bon à rien ! Je t’ai expliqué mon plan milles fois, résidu d’immondice! D’ici peu, les trois lunes seront alignées, le flux de magie noire sera tel sur Terdore que je pourrai le canaliser dans le Miroir aux Deux Reflets, et ainsi ouvrir un portail entre les dimensions.
- Pourquoi déjà ? insista le chef troll. Terdore nous appartient déjà !
- Terdore m’appartient mais je ne compte pas m’arrêter là, crétin !
Morrakh se leva. Ses sous-fifres eurent un mouvement de recul. Morrakh disparut par magie pour réapparaître devant le chef troll dans une étrange lueur noire, il plongea ses sombres yeux dans ceux du troll, puis entra sa main dans la poitrine du malheureux par magie et empoigna son cœur.
- Tu m’as déplu Grork.
Il referma sa main sur le cœur de malheureux et en stoppa tout battement. Le troll s’effondra, Morrakh retourna s’asseoir.
- L’avantage avec la magie, c’est qu’on n’a même pas besoin de se salir les mains. Quelqu’un d’autre a-t-il un commentaire ? Qu’il se sente libre de parler. Bien. Félicitation Lieutenant, vous voilà maintenant chef de votre armée.
- Je vous remercie, Maître. Nous vous avions apporté un présent. J’espère qu’il vous contentera.
Le troll claqua des doigts et deux soldats ramenèrent un humain qui se débattait de toutes ses forces. Néanmoins il n’était pas de taille face aux deux colosses.
- Qu’avons-nous-la ?
- Une de nos patrouilles a capturé cette vermine dans les Bois de l’Ouest.
- Un rebelle.
- Nous avons pensé qu’il vous plairait de l’interroger.
- J’apprécie votre initiative, Général. Lâchez-le !
Les soldats s’exécutèrent, et le soldat tenta de déguerpir. Morrakh leva la main et referma son poing. Le prisonnier fut figé sur place sans la moindre possibilité du bouger.
- Tut tut tut. Tu ne voudrais quand même pas déjà nous quitter ? Nous avons tellement de chose à nous dire.
- Jamais !
- Ils disent tous çà…
Morrakh, suivi de ses deux généraux, conduisit le prisonnier au sous-sol, en passant par un dédale de couloirs et d’escaliers en colimaçon. Seules quelques torches apportaient de temps à autre une pâle lueur en ces mûrs biens sombres. Une fois dans la salle de torture, les généraux allumèrent les quelques torches de la pièce, laissant entrevoir au prisonnier un table vide positionnée au milieu et une autre juste à côté sur laquelle étaient disposés divers instruments de torture. Morrakh d’un simple claquement de doigt propulsa le malheureux soldat sur la table vide, en position de croix. De solides sangles se refermèrent sur ses membres l’empêchant de se mouvoir, il en avait des sueurs froides.
- Je te laisse une dernière chance. Que mijote la rébellion dans la forêt ?
Le prisonnier demeura silencieux.
- Tu es courageux ! Courageux mais stupide, car tu parleras et tu mourras. A toi de décider si çà sera douloureux ou non.
Morrakh écarta ses bras de son corps, une lumière noire apparut dans chacune de ses mains. Des pieux en bois, qui étaient alignés sur la table, se mirent à voler en direction de Morrakh, qui les fit voltiger autour de lui. Il dirigea une main en direction du prisonnier et un pieux s’approcha de son poignet. Morrakh abaissa le bras, et le pieu entra petit à petit dans la chair du malheureux, lui arrachant un cri de douleur. Du sang ruisselait sur la table et gouttait sur le sol. Le pieu transperça l’os et s’enfonça dans la table. Le prisonnier continuait à hurler et de grosses gouttes de sueur dégoulinaient sur son visage.
N’obtenant pas de résultat satisfaisant, Morrakh avança et abaissa sa deuxième main. Un second pieu vint se planter dans l’autre bras du soldat qui pleurait, maintenant, de douleur.
- PITIE !
- Ne me fais pas rire.
- D’accord, d’accord je vais tout vous dire.
- Voilà qui est sage.
Cependant Morrakh avait du mal à s’arrêter, il ne contrôlait plus son désir, ni son plaisir. Il accomplit le même rituel pour les deux genoux de sa victime. Il positionna ensuite un dernier pieu au dessus des testicules du malheureux. Ce dernier était au bord de l’évanouissement.
- Maître !
- QUOI ?
- Maître, pardonnez mon audace, mais ses informations nous seront utiles…
- Bien. Tu as raison, je m’égare… Qu’as-tu à m’apprendre ?
- Des rumeurs courent sur le retour du roi de Terdore. Je n’étais pas au camp, donc je ne l’ai pas vu de mes propres yeux, mais apparemment le haut commandement rebelle a ramené le porteur de l’Anima.
L’expression sur le visage de Morrakh changea d’un coup, il se crispa, et se laissa submerger par une rage féroce.
- COMMENT ?
Ses yeux devinrent noirs et des veines se dessinèrent sur son front. Le prisonnier hurla de douleur, du sang coulait à présent de son nez, et de la bave de sa bouche. Soudain ses yeux implosèrent, et il cessa de se débattre, il était mort.
Morrakh faisait les cents pas dans la pièce.
- C’est impossible ! Comment ! Maudits rebelles ! Vous me le paierez ! Je vous exterminerai jusqu’au dernier !
Le nouveau général troll hésita.
- Le retour de l’Anima change-t-il quelque chose à nos plans ?
- Pourquoi crois-tu que j’ai puisé une grande partie de mon énergie pour faire disparaître l’Anima dans le Miroir aux Deux Reflets, imbécile ? Il est le seul obstacle à mon règne ! LE ROI DOIT ETRE ANEANTI !
Morrakh se concentra, une sphère d’énergie l’enveloppa, et ses yeux devinrent blancs. Il invoqua une formule magique.
- Aluom coris Anima.
Le porteur du bracelet lui apparut.
- Te voilà donc ! Où comptes-tu aller de ce pas si pressant ? Une chose est sûre, tu n’y arriveras pas en un seul morceau.