Présentation

Bienvenue sur le Blog des CHRONIQUES DE TERDORE!

Vous trouverez dans ce blog le premier ouvrage de Julien C., écrivain de 26 ans, résidant en picardie.

Ces Chroniques seront composées de plusieurs livres.
Le Livre I, UNE AME DE HEROS, vous est ici proposé gratuitement, nous vous invitons à le découvrir au fil des semaines.

N'hésitez pas à laisser vos commentaires et vos encouragements, pour lui permettre, qui sait, de publier son roman dans l'avenir.

Bonne lecture!

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titre
Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 19:57

Plusieurs jours s’étaient écoulés depuis les événements de Sirthéria. Le roi et ses compagnons avaient pris la route en direction de la cité impériale naine, Shalang’Dä, qu’ils rejoindraient d’ici peu.

L’automne était bien avancé sur Terdore, les températures se faisaient plus fraîches et les journées plus courtes. L’hiver approchait à grand pas. Néanmoins, le groupe progressait à un rythme soutenu et ne s’arrêtait que pour manger et dormir quelques heures. La nuit, ils se relayaient pour les tours de garde afin d’éviter toute mauvaise rencontre.

Seule une poignée de soldats les accompagnait pour ne pas attirer l’attention.

Depuis la déclaration d’amour à sens unique de Jonathan à Evanya, une tension était palpable entre eux. Evanya avait essayé à plusieurs reprises de renouer le dialogue mais il l’évitait, et s’en tenait à des discussions nécessaires et purement stratégiques. A l’inverse pendant ces quelques jours, Jonathan s’était beaucoup rapproché d’Ilona. Sa légèreté et son naturel lui permettaient d’oublier quelques instants le poids qui reposait sur ses épaules… et son cœur brisé.

 

Ils étaient à présent en vue de Shalang’Dä dont les hauts murs se dessinaient au loin sur les flancs de la montagne. D’ici la fin de la journée ils auraient franchi la vaste plaine qui les séparait du siège du pouvoir nain.

Jonathan marchait avec Ilona. Ils étaient d’humeur joyeuse, se taquinaient et riaient beaucoup. Evanya, quant à elle, accompagnait Bralkar plusieurs mètres devant eux, d’un pas résolu. Ils avaient quasiment rejoint les imposantes portes de la cité naine quand le général appela Ilona qui pressa le pas pour les rejoindre.

            - N’en profitez pas pour me reluquer, Sire.

            - Ilona ! s’exclama Jonathan en rougissant.

Il la regarda s’éloigner et remarqua qu’à chaque fois qu’elle faisait un pas un bouquet de fleurs d’une palette de couleurs incroyables poussait sous ses pieds. Cela fascina Jonathan. Ilona savait comment captiver Jonathan.

Bralkar, Altorgh, Ilona et Evanya s’arrêtèrent devant les portes de la ville, laissant ainsi le temps à Jonathan de les rejoindre.

            - Je pense, Sire, qu’il vaudrait mieux qu’Evanya et moi-même passions les premiers. Les nains sont très méfiants en ces temps obscurs, mais ils nous connaissent et nous pourrions vous présenter officiellement à Grumrek, leur souverain.

            - Je vous suis, Général.

Les portes de la cité impériale coulissèrent lentement, laissant ainsi Jonathan ébahi par la vue qui s’offrait à lui. Les rues de Shalang’Dä étaient très étroites et les maisons creusées dans les flancs de la montagne. La ville grouillait d’activité, les nains allaient d’échoppes en échoppes comme dans un gigantesque marché. Ils furent accueillis par une milice.     

            - Je suis le Général Bralkar, commandant des armées rebelles, et voici Evanya, fille de Théodore 1er et leader des rebelles. Nous désirons voir ton souverain.

            - Veuillez me suivre s’il vous plaît.

Ils remontèrent plusieurs rues pour atteindre le palais nain lui aussi creusé dans la roche. Les nains avaient un véritable talent de sculpteur. Il fallait voir à quel point, avec de simples outils, ils étaient capables de tailler la roche pour lui donner des détails incroyables. Ils avaient ainsi bâti de nombreuses colonnes, et des statues à l’effigie de leurs dieux.

            - Les armes sont interdites à l’intérieur du palais, mesure de sécurité.

            - Je comprends.

Ils déposèrent toutes leurs armes, épées, arcs, flèches, couteaux et massues, ce qui représenta une pile conséquente à côté de l’entrée. Ils durent se baisser légèrement pour passer les portes du palais. A cause de sa stature, Altorgh les attendit dehors. Ilona et le reste de leur troupe lui tinrent compagnie, gardés à l’œil par plusieurs soldats.

La salle du trône était vaste et son plafond plus élevé ce qui leur permis de se tenir confortablement. Sur le trône un nain aux cheveux et la barbe longue les observait sans dire mot.

            - Mes hommages Grumrek, dirent Evanya et Bralkar en faisant une révérence.

Jonathan supposa qu’il s’agissait d’une coutume ou d’un signe de respect, et les imita.

            - Evanya, Général. Que me vaut votre visite ?

Jonathan trouva le salut de Grumrek plus austère.

            - Nous nous présentons devant vous, Grumrek, pour vous présenter le nouveau roi de Terdore…votre nouveau roi.

Grumrek dévisagea un instant Jonathan, puis regarda avec insistance l’Anima. Enfin il effectua un geste circulaire de la main. Les soldats de la milice les encerclèrent en brandissant leurs haches.

            - Que signifie cela Grumrek ?

            - Je dois faire ce qui est juste pour mon peuple, Général, et Morrakh ne me laisse guère de choix. Vous m’en voyez navré. Conduisez-les en cellule et faîtes porter un message à Morrakh.

Ils se firent escorter au travers des couloirs par les soldats. A un croisement, Bralkar glissa la main dans la sacoche de cuir qu’il portait autour de la taille et en sortit une petite boule noire. Jonathan se souvint aussitôt de la spore de Lirane utilisée par Altorgh pour échapper au titan de sable.

            - Petit cadeau d’Altorgh, souffla le général à Jonathan avec un sourire.

Evanya avait repéré leur manège et retint immédiatement sa respiration quand Bralkar éclata la sphère sur le sol, libérant ainsi son nuage toxique.

Les trois compagnons se mirent à courir dans les couloirs alors que les soldats nains agonisaient dans le nuage de fumée qui commençait déjà à se dissiper. Ils parvinrent à rejoindre l’entrée du palais. Les voyant ainsi arriver, Altorgh s’alarma tandis que les nains dégainèrent leurs haches. Le troll attrapa un de ses ennemis par la jambe et s’en servit de massue pour cogner sur les autres soldats. Profitant de la confusion, Ilona avait récupéré avec dextérité ses lames courtes et avaient déjà égorgé le premier nain qui se trouvait à portée.

Tout se passa très rapidement, Ilona, Altorgh et les quelques rebelles s’étaient débarrassés des soldats quand Evanya, Jonathan et Bralkar les eurent rejoints. Ils récupèrent rapidement leurs armes et se mirent en fuite en direction des portes de Shalang’Dä. Plusieurs milices naines s’étaient déjà mises à leur poursuite tandis que Grumrek bouillonnait de fureur dans la salle du trône.

Heureusement pour nos valeureux compagnons, ils ne croisèrent pas de résistance sur leur route, uniquement des marchands et des clients qui se promenaient dans les rues de la cité le panier au bras. Après quelques minutes de course effrénée, les portes de la ville leur tendaient les bras. Mais déjà alertés par leurs frères d’armes, les soldats en poste autour de la porte avaient lancé la fermeture. Proche de la délivrance et pourtant si loin, Jonathan dut faire un écart pour éviter de renverser un enfant effrayé, accroupi sur son chemin. Ce faisant, il trébucha et roula sur le sol. Au moment où le reste du groupe franchissait la porte, ils se retournèrent et aperçurent Jonathan couché à quelques mètres d’eux, rattrapé par les soldats. Evanya voulut retourner le chercher, mais Bralkar la retint par le bras.

            - Nous lui serons plus utile libres. Le temps que Morrakh arrive, nous l’aurons délivré.

Evanya le regarda avec une volonté et une rage dans les yeux qu’il ne lui avait jamais connu. Il la libéra de son emprise, et elle courut rejoindre Jonathan. Le général les regarda se faire capturer, impuissant, tandis que les portes de Shalang’Dä se refermaient derrière eux. Les archers postés sur les murs de la ville les criblèrent de flèche tandis qu’ils couraient en direction des bois.

 

Une fois qu’ils eurent rejoints les fourrés, ils s’arrêtèrent quelques instants pour reprendre leur souffle. Le général était furieux.

            - Comment ai-je pu être aussi naïf ? Pourquoi as-tu trahi ta neutralité, Grumrek ? Nous nous connaissons depuis longtemps, tu as un bon cœur.

Il faisait les cents pas, cherchant toujours à comprendre, pendant qu’Ilona, abattue, se laissa glisser sur le sol.

Altorgh tomba à genoux. Deux flèches l’avaient touché dans le dos, et il perdait beaucoup de sang. Bralkar le remarqua et accourut.

            - Ilona !

Elle se hâta jusqu’à eux.

            - Je vais te retirer ces flèches mon ami. Cela va être très douloureux.

Altorgh demeura silencieux tandis que Bralkar saisit une flèche dans chacune de ses mains. Il tira d’un coup sec, arrachant ainsi des chairs d’Altorgh les deux morceaux de bois qui semblaient si insignifiants comparés au troll. Il s’évanouit dans un hurlement de douleur.

 

Lorsqu’il reprit connaissance, Jonathan était enchaîné dans une cellule. Il ressentait une vive douleur à la tête, il avait dû être assommé.  Il regarda autour de lui, et constata que la nuit était tombée, et que son armure et son épée flottaient dans une sphère bleue au centre de la pièce de l’autre côté des barreaux. C’était la même sphère que dans le palais royal avant qu’ils ne les récupèrent, le mécanisme de défense avait dû se réenclencher.

            - Sire…Sire, par ici.

Il chercha d’où venait cette voix et constata que dans la cellule voisine Evanya était enchainée, elle aussi.

            - Evanya ? Non ! C’est impossible ! Tu avais rejoint les portes !

            - Sire…Je ne pouvais pas vous laisser…

            - Mais pourquoi ? Pourquoi te sacrifier ainsi ?

            - C’est ce que j’essaie de vous expliquez depuis l’autre soir, Sire. Avant vous, je n’ai jamais connu ce sentiment. Depuis toute petite j’ai été élevée pour être une guerrière et pour un jour prendre le commandement des armées. On ne m’a jamais enseigné, ni même parlé des choses de l’amour. Avant vous, je…Et vous êtes arrivés et je…Je crois que j’ai peur…

            - Evanya… Je suis désolé, je me suis comporté comme un imbécile, je n’avais pas réalisé... Pourras-tu un jour me pardonner ?

            - Sire, c’est de ma faute. Si j’avais su vous dire… si j’avais eu le courage de vous dire.

Grumrek, maussade, entra dans la pièce.

- Je suis venu vous avertir que le nouveau général de Morrakh sera là demain, dès le lever du soleil.

 

Lentement, Altorgh ouvrit les yeux. Sa vue était trouble, mais il distingua Bralkar et Ilona qui le veillaient.

            - J’ai soif.

Ilona lui tendit une outre. Il se redressa et but quelques gorgées, puis il se massa le crâne.

            - Que s’est-il passé ?

            - Tu as été touché par deux flèches lors de notre fuite. Je te les ai retirées puis la douleur t’a fait perdre connaissance. Ilona t’a appliqué un onguent.

Ilona décrivit alors les ingrédients.

            - Racines de Mariorve pour la cicatrisation, baies de Narsynthe pour la douleur, et noix de Musrade pour la mauvaise odeur, parce que franchement çà devient vraiment pénible Altorgh.

Altorgh prit Ilona dans ses bras.

            - Toi aussi tu m’as manqué Ilona.

Ilona sourit tendrement.

Altorgh était un coriace, les trolls récupéraient plus rapidement que les humains et l’onguent l’avait soulagé.

            - Bien, ce n’est pas tout, mais nous avons des amis à délivrer. J’ai ma petite idée, dit Bralkar avec un sourire en coin.

 

Evanya tentait de regarder par la petite lucarne de sa cellule. Elle se laissa retombé sur le sol d’un coup.

 - J’ai l’impression que nous sommes dans un des donjons du palais. Sire ?

Jonathan fixait le sol pensivement.

            - J’ai beau essayer Evanya je ne suis pas à la hauteur… J’ai gâché notre seul chance en venant ici, et j’ai tout gâché avec toi…

            - Sire, nous ne sommes pas de taille face à Morrakh, c’était la seule décision à prendre. Nous avons besoin de l’aide des nains. Il faut du courage pour pouvoir prendre une telle décision. Nous vous admirons pour les efforts que vous avez faits pour ce monde qui n’est pas le vôtre. Et pour ma part, Sire…ce que je n’arrive pas à vous dire, Sire, c’est que moi aussi je vous aime.

Jonathan releva la tête et la regarda.

            - Le jour se lève Evanya, il faut que nous sortions d’ici, je ne veux pas périr sans avoir eu la chance de t’embrasser !

Evanya rougit, et sourit.

Jonathan étudia les possibilités qui s’offraient à eux et regarda machinalement par la lucarne de sa prison. Au loin se dressaient à perte de vue les Terres Désolées et ses montagnes ardentes. Son attention fut attirée plus particulièrement par les trois monts qui se dressaient majestueusement au milieu de cet ensemble rocheux.

            - Voilà pourquoi Morrakh s’est retirée dans les Terres Désolées. La dame aux trois têtes…La montagne…

La porte de la pièce claqua et Grumrek entra.

            - Voici les prisonniers, votre Royauté.

Le Roi Squelette fit son entrée dans la pièce et regarda tour à tour Evanya puis Jonathan.

            - C’est donc ce misérable qui donne tant de mal à Morrakh ? Quel minable !

Il était familier à Jonathan, qui l’avait déjà vu dans son rêve.

            - Qui êtes-vous ? demanda-t-il, furieux.

            - Ce n’est pas possible ! D’après la légende il s’agirait du gardien et maître du royaume des morts, murmura Evanya, dépitée.

            - En chair et en os ! Enfin façon de parler… Je suis honoré que ma réputation fasse trembler tous les vivants. Sors-les de leur cellule Grumrek.

Grumrek, terrorisé par le Roi Squelette, s’exécuta aussitôt. Le squelette s’approcha de Jonathan, lui saisit le visage entre ses doigts d’os et plongea son regard dans celui de Jonathan. Voir ainsi les globes oculaires du squelette se mouvoir dans leurs orbites révulsa Jonathan.

 

Toujours tapis dans les fourrés, le reste du groupe récapitulait son plan d’attaque.

            - Es-tu sûr de toi Baptiste ?

            - Nous n’avons pas le choix, il faudrait plusieurs jours aux renforts pour nous rejoindre.

A ce moment, cinq panthères noires jaillirent d’un buisson. Elles déposèrent au pied du groupe la corne de brume et les tambours qu’elles avaient dans la gueule.

            - Voilà ce que tu nous as demandé Ilona, rapporté directement de Sirthéria.

            - Merci. Ils n’y a pas plus rapide que vous dans tous les bois de Terdore.

Les panthères ronronnèrent, elles semblèrent apprécier le compliment.

- Allez en paix.

Elles repartirent aussi subitement qu’elles étaient apparues.

            - Vous cinq, vous restez dans les fourrés pendant que nous lançons l’assaut. Vous savez ce que vous devez faire ?

            - Oui, Général, répondirent les cinq soldats en se tapant le poing sur la poitrine.

Bralkar, Altorgh, Ilona ainsi qu’une dizaine de soldats émergèrent de la forêt et se précipitèrent vers Shalang’Dä en hurlant.

Les ayant repérés du haut des tours de garde, des milices naines les attendaient devant la porte. Portés par la rage, nos compagnons s’enfoncèrent dans les rangs des nains comme dans du beurre. Altorgh, particulièrement avide de vengeance, écrasa les nains par dizaine à coup de massue.  Leur petite taille ne représentait cependant pas un handicap pour les soldats nains, et ils avaient réussis à faire tomber plusieurs soldats rebelles sous leurs haches.

Soudain, résonnèrent dans les bois une corne de brume et des tambours de guerre. Les soldats restés tapis dans l’ombre exécutaient à la lettre le plan de leur chef, faire croire à l’arrivée des renforts pour renverser la situation.

- Des renforts ! hurla un commandant nain.

Profitant de la confusion dans les rangs des nains, le petit groupe prit miraculeusement et momentanément le dessus.

En effet, le sol se mit alors à trembler, des nuages de poussière commencèrent à s’en élever, et des fissures apparurent un peu partout. Une sinistre armée de soldats squelette sortit du sol. Le groupe resta pantois par cette vision d’effroi.

            - Nous sommes perdus…souffla Ilona.

            - Pour Terdore ! hurla Bralkar.

Les quelques survivants, à l’exception d’Ilona qui longeait furtivement les murs de Shalang’Dä, se ruèrent sur l’armée de morts vivants. Néanmoins, les coups qu’ils leurs portaient n’avaient aucun effet sur eux. Bien sûr, ils pouvaient démembrer les squelettes, mais comment tuer quelqu’un qui est déjà mort ? La situation semblait désespérée…

 

Du haut du donjon des prisonniers, le Roi Squelette n’avait pas jugé bon de prendre part au combat. Il contemplait l’Armure et l’Epée des Rois qui tournoyaient dans leur sphère bleue. Des squelettes étaient aussi apparus dans la pièce et s’étaient saisis d’Evanya et de Jonathan qui avaient essayé de se débattre, en vain.

            - Ce sont donc ces objets insignifiants qui sont le symbole du pouvoir ?

Le seigneur du royaume des morts s’approcha de la sphère et y enfonça sa main. Immédiatement, ses os se désagrégèrent et tombèrent en poussière. Tout son avant bras s’était volatilisé. Le Roi Squelette poussa un cri qui glaça le sang de Jonathan. Le squelette s’agita dans toute la pièce, secouant désespérément son bras mais le liquide corrosif de la sphère bleue avait semble-t-il gagné tout son être. L’armure et la couronne du squelette se volatilisèrent, et ses ossements tombèrent sur le sol. La disparition de leur roi provoqua l’explosion littérale des tous les soldats squelettes. Ils retournèrent à la poussière, et furent dispersés par le vent dans la plaine. Le Général et ses troupes levèrent les bras vers leur ciel et poussèrent des cris de joie devant cette victoire tant inespérée qu’inexplicable.

Jonathan et Evanya profitèrent de la disparition de leur geôlier pour asséner de violents coups aux soldats nains restés hébétés par la pulvérisation de leurs alliés. Au même moment, une racine géante arracha brutalement les barreaux d’une des cellules, laissant un trou béant dans le mur. Ilona apparut dans le creux sur le dos d’un immense aigle.

            - Dépêchez-vous grimper !

Jonathan récupéra ses biens dans la sphère d’acide tandis qu’Evanya avait déjà rejoint l’aigle. Il allait se précipiter pour les rejoindre quand il croisa le regard de Grumrek. Jonathan se saisit de son épée et en appuya la pointe contre la gorge du souverain de Shalang’Dä.

            - Je suis le roi de Terdore. Je suis ton roi. Nous allons vaincre les armées de Morrakh et ramener la paix sur Terdore, avec ou sans ton aide. Il n’y a pas de place pour les traîtres ou les fourbes dans mon royaume. Rejoins-moi ou péris de ma main.

            - Je comprends à présent pourquoi l’Anima vous a choisi, souffla Grumrek. Je suis à votre service, Sire. Je suis navré, j’ai agi comme un lâche. Morrakh a menacé d’exterminer tout mon peuple, et, en ces temps sombres, je n’avais personne vers qui me tournait. J’ai manqué de bon sens.

Jonathan tendit la main à Grumrek qui le regarda un instant, puis ils échangèrent une poignée de main amicale.

- Vous n’êtes plus seul maintenant. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vaincre Morrakh.

Ils apparurent ensuite ensemble au balcon qui surplombait la place devant le palais. Le peuple nain s’y était réuni attendant les ordres de leur souverain. L’aigle commençant à fatiguer sous le poids des deux jeunes femmes, il les avait déposées sur la grande place où elles avaient retrouvé Altorgh et Bralkar et fêté leurs retrouvailles. Elles n’avaient donc pas assisté au dénouement de la discussion entre leur roi et Grumrek, et attendaient avec impatience leurs discours. C’est Grumrek qui prit la parole.

            - Peuple de Shalang’Dä aujourd’hui est un grand jour, le jour du retour du Roi, et le jour où nous ne nous agenouillerons plus devant l’oppresseur.

Des hourras résonnèrent dans toute la cité impériale. Jonathan fit signe de la main, le silence revint dans l’assemblée.

            - Notre ennemi se terre dans son repaire et prépare ses troupes pour l’assaut final. Nous ne lui en laisserons pas le temps, nous l’attaquerons par surprise, et nous lui porterons le coup de grâce.

A nouveau des cris de joie s’élevèrent dans Shalang’Dä.

            Jonathan descendit rejoindre ses amis accompagné de Grumrek. Ilona se précipita dans les bras de Jonathan, qui eut un regard gêné vers Evanya. Bralkar et Altorgh vinrent lui serrer la main et le féliciter pour cette nouvelle alliance forgée. Jonathan s’approcha ensuite d’Evanya, et lui saisit simplement les deux mains. Ils échangèrent un regard tendre, puis Jonathan se tourna vers Grumrek.

            - Regroupe toute ton armée et retrouve-nous dans deux jours à l’entrée des Terres Désolées. Fais immédiatement partir un messager qui portera les mêmes instructions pour Sirthéria.

Grumrek acquiesça en se tapant le poing sur la poitrine et disposa. Restés seul avec ses amis, Jonathan leur raconta sa découverte.

            - Sire, êtes-vous sûr ? Un assaut dans le repaire même de Morrakh ? l’interrogea Bralkar.

            - Le Miroir aux deux reflets se trouve là-bas.

Il désigna les trois monts rocheux du doigt.

- La Dame aux trois têtes, la montagne. C’est là-bas que nous devons aller.

Ils contemplèrent quelques instants la chaine de montagne en songeant aux dangers qu’ils allaient devoir affronter.

Par Julien C.
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